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"Il me semble que je serais toujours bien là où je ne suis pas." [PV Yosa']

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Charles Baudelaire
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Lun 29 Mai - 3:12
Un matin de semaine, comme il y en a tant d’autres et une belle journée en devenir sans doute, au vu des rayons de soleil qui filtraient à travers les rideaux. Charlie bougea un peu, pour changer de position. Elle était toujours parfaitement enroulée dans de grosses couvertures, malgré les températures qui augmentaient de jour en jour. Elle se positionna à nouveau sur le dos et commença à s’étirer doucement, à papillonné des yeux pour s’acclimater à la luminosité. Un rapide coup d’oeil au réveil pour savoir combien de temps la jeune fille disposait encore pour se préparer avec les cours ; elle était déjà en retard.

Comment ce réveil avait-il pu l’abandonner maintenant ? Pourquoi n’avait-il pas sonné ? Ou bien est-ce qu’elle ne l’avait tout simplement pas entendu, ou éteint par habitude et décidait de prendre « quelques minutes » de plus ? Trop de questions pour un esprit qui doit déjà gérer trop de choses. Avaler un petit déjeuner décent histoire de ne pas faire un malaise en plein amphithéâtre, prendre une douche et enfiler cette uniforme à l’endroit, pour ne pas avoir l’air trop ridicule et vérifier rapidement l’horaire du prochain train pour l’Université. Dix minutes. Juste le temps d’attraper un sac sans trop savoir ce qu’il contient, courir et prier d’arriver avant le départ de ce fichu train.

Et c’est exactement deux secondes avant qu’il ne démarre qu’elle mit le pied à l’intérieur. Charlie était totalement essoufflée quand elle posa ses fesses sur un des sièges vides, et qu’elle colla sa tête contre la vitre. Elle avait déjà raté le premier cours et serait certainement à l’avance pour le prochain. Elle avait donc tout le temps de profiter de la grosse demie-heure de transport en commun pour penser à autre chose. Et pourquoi pas commencer par vérifier ce qu’elle avait eu le temps d’amener avec elle…

Ses fidèles écouteurs pour se couper du monde, c’était un début. Mais aucun bouquin là-dedans… Elle avait terminé le dernier la nuit précédente et ne l’avait pas encore remplacé pour le moment. Charlie devrait donc se contenter de son esprit pour le voyage… Pas l’idéal ses derniers temps. Sa tête était empli d’images macabres d’inconnus, les jambes coupées. Elle n’avait pas arrêté de faire ce genre de cauchemars où ils rampaient vers elle, implorant de l’aide. Ça se terminait toujours de la même manière : elle se précipitait et finissait dans le même état que les autres, 2 membres manquants.

La brune se réveilla de nouveau, en sursaut cette fois. En regardant tout autour d’elle, elle comprit bien vite qu’il n’y avait aucun danger : personne de la mafia ne viendrait l’importunait en public. Enfin, c’était plus simple de penser comme ça pour le moment. Pourtant elle se sentait mal à l’aise tout à coup, comme si on la surveillait. Son intervention au parc ne lui refilait pas seulement de mauvaises nuits, elle devenait aussi paranoïaque. Chaque personne qui croisait son regard ou qui chuchotait, riait autour d’elle, était considérer comme suspecte. Ça pourrait simplement être quelqu’un qui raconte une blague, ou bien quelqu’un qui se délecte à l’avance de son crime.

Toujours était-il que cette sensation de gêne ne la quittait pas. C’était même de pire en pire, elle se sentait épiée au plus profond d’elle-même. Charlie se redressa. Elle lançait des regards inquiets un peu tout autour d’elle ; et son comportement attiré ceux des curieux sur elle. Il fallait qu’elle se calme, qu’elle respire. Ses angoisses allaient finir par la faire passer pour une folle. Si elle ne l’était pas déjà à moitié…
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Mar 30 Mai - 19:40
Il y avait peu, Atsushi avait été attaqué. Par Kôyô, cadre de la mafia. Et il ne devait sa survie qu'à une jeune personne. Cette dernière n'avait pas hésité à se mettre entre l'agresseur et la victime quitte à risquer sa vie. Apparemment, elle avait même usé d'un pouvoir. Son intervention avait au moins permis au Tigre de gagner du temps afin de riposter, même si au final il n'en avait pas eu besoin grâce à l'arrivée de la police. Mais si cette attaque frontale et directe était inquiétante, bien qu'en aucun cas étonnante, ce qui préoccupait grandement l'Agence, dans cette histoire, c'était justement cette mystérieuse "sauveuse".

D'après le Tigre-Garou, elle avait des cheveux bruns assez longs, portait un uniforme rouge, et il lui semblait que la couleur de ses yeux soit marron. Des informations bien vagues, en somme. Et l'Agence avait évidemment fait ses propres recherches. Dans la vie, il y avait toujours des lâches, des idiots qui, lorsqu'une scène improbable se déroulait sous leurs yeux ébahis n'avaient rien de mieux à faire que de sortir un portable. Akiko concevait bien que face à une situation aussi dangereuse, la plupart des civils auraient pour réflexe de fuir, de ne pas s'en mêler. C'était normal, et même préférable pour les faibles. Mais filmer... C'était détestable, tout simplement. Mais c'était grâce à ça que les Détectives avaient pu en savoir plus sur la courageuse s'étant portée au secours d'Atsushi. L'accident avait évidemment était relaté aux informations, à la télé, dans les journeaux. La video qu'avait visionné l'Agence avait été prise à une certaine distance et était floue. Mais c'était suffisant pour que le médecin ait une vague idée de la personne en question, et surtout pour savoir à quel établissement appartenait son uniforme rouge.

Dès que toutes les informations trouvables avaient étés rassemblées, en un laps de temps assez rapide, il avait été question de trouver cette fille. Malheureusement, sans nom... C'était compliqué. En fouillant un peu, l'Agence aurait pu trouver cette information manquante, mais il fallait agir vite. Avant la mafia, en fait. Car il était fort probable que l'organisation se soit intéressée à celle qu'elle devait considérer comme une fauteuse de troubles. Ranpo, le cerveau du groupe, avait alors donné des instructions très claires qui permettraient de trouver l'étudiante. Akiko s'était portée volontaire pour cette "mission". Peut-être Atsushi aurait-il souhaité y participer, puisqu'il s'agissait de la personne à qui il devait la vie... Mais l'étudiante connaissait justement son visage. Et puis, aurait-il été capable de la protéger contre la mafia ? Toujours était-il que la détective était en train de pester intérieurement contre Ranpo. Elle avait voulue de cette mission pour plusieurs raisons. Il était hors de question qu'elle laisse une civile qui s'était mêlée des affaires de la mafia portuaire sans protection plus longtemps. Et puis, une personne prête à se mettre en danger pour une autre, ça ne courait pas les rues, et Akiko avait bien envie de la rencontrer en face à face.

Mais, là, elle ne la voyait pas. Ranpo lui avait dit de prendre tel train dans telle direction, à tel arrêt, à telle heure, et elle l'avait fait. Elle n'aimait pas particulièrement faire la docile ainsi, mais elle avait confiance en lui. Pourtant, elle ne voyait pas sa "cible". Impossible que Ranpo ait fait une erreur mais... même son génie ne pouvait pallier au manque d'information, après tout. A peine cette pensée effleura son esprit, que la réalité la réfuta. Elle venait de remonter tout le train, observant chaque passager avec attention et arrivait au dernier compartiment. Elle le balaya rapidement du regard et un discret sourire satisfait apparut sur son visage. Enfin... Ce n'était pas trop tôt. Elle avait finalement atteint son but, ou plutôt franchit la première étape. Si elle n'avait eu que la description d'Atsushi et la video de la télévision, elle n'aurait peut-être pas été totalement sûre que l'étudiante qu'elle faisait attention à ne pas trop fixer pour ne pas paraître suspecte, était celle qu'elle recherchait. Mais ce constant regard de panique... Cette crainte qui semblait se lire à chaque mouvement... C'était le parfait comportement d'une personne traquée, ou qui, du moins, craignait de l'être.

La chance revenait enfin vers elle, car la place à la gauche de l'étudiante étrangère était libre. S'en approchant, Akiko s'enquit :

- Je peux m'asseoir ?


Et sans même attendre de réponse, elle le fit. Se fondre ainsi dans la foule et se faire passer pour une personne tout ce qu'il y a de plus banale était déjà assez fatiguant, alors hors de question qu'elle perde du temps pour écouter une réponse inutile, puisque après tout, la place en question n'appartenait à personne. Mais il fallait bien qu'elle fasse savoir sa présence, même si la jeune femme devait déjà l'avoir vue. Mais s'imposer ainsi avait en quelque sorte pour but de rassurer la pauvre demoiselle quant à sa présence. L'étudiante n'avait pas à avoir peur.

Sans plus se préoccuper de sa voisine, ou du moins en apparence, Akiko sortit un journal de la poche avant de son sac. Elle n'ouvrit évidemment pas la poche principale dont le contenu plus que coupant aurait fait fuir plus d'un passager. Elle déplia le journal pour mettre en évidence la page relatant justement "l'accident" d'Atsushi, s'arrangeant pour que la demoiselle ait une magnifique vue dessus. Elle ne pouvait pas se permettre d'engager directement la conversation sur ce sujet, c'aurait été plus que suspect.
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Charles Baudelaire
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Mer 31 Mai - 2:17
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« Je peux m’asseoir ? »

Charlie sursauta, et cligna plusieurs fois des yeux pour reprendre ses esprits. Elle n’avait pas vu l’inconnue s’approchait, trop occupée à scruter les moindres signes suspects autour d’elle. Cette femme en tout cas n’avait pas l’air étrange si ce n’est qu’elle prit la liberté de s’asseoir sans attendre de réponse de sa voisine. Après tout, le train était un endroit public et Charlie n’avait pas le droit d’autoriser ou interdire à quelqu’un de prendre la place près d’elle. Après un bref sourire poli en direction de la nouvelle-venue, la jeune fille ferma les yeux une minute ou deux, et se concentra sur sa respiration. Il n’en fallait pas plus pour qu’elle calme complètement la crise d’angoisse qui menaçait, et c’était là le fruit de nombreuses années de travail sur elle-même et sur ses émotions.

Des bruits et des mouvements à sa gauche attirèrent son attention et l’obligèrent à rouvrir les yeux. Sa voisine venait simplement de sortir un journal de son sac, et par curiosité et manque de lecture à proximité, Charlie essaya de lire par dessus son épaule. Ce qui n’était pas bien compliqué vu la manière dont la femme inconnue tenait son papier, n’importe quelle autre personne autour d’elle y aurait accès.

Le gros titre frappa Charlie. Il ne lui était pas inconnu et lui rappela des souvenirs qu’elle tentait désespérément d’effacer de sa mémoire. Cette histoire ne la lâcherait-elle donc jamais ? Après les événements, l’étudiante s’était éclipsée discrètement, évitant la police et l’attroupement qui se formait au parc. C’est dingue comme la curiosité attire du monde une fois le danger écarté… Cependant, elle ne se doutait pas que l’information circulerait dans des journaux officiels comme celui-ci, et encore moins qu’elle y serait mentionnée. Heureusement pour elle, personne ne l’avait reconnue jusqu’ici. Elle avait assez d’inquiétude à éviter d’être la cible de la mafia, pas la peine de lui rajouter des « fans » de son « héroïsme » par dessus le marché. Passer inaperçu lui allait très bien et était même préférable pour la petite vie tranquille qu’elle espérait.

Charlie était contrariée. Son quotidien était beaucoup trop bouleversé ces derniers temps. Elle s’enfonça un peu plus dans son siège, les bras croisés, le regards perdu vers l’extérieur et les paysages urbains défilants à toute vitesse. Arrivée depuis à peine quelques mois dans le pays et à Yokohama précisément, très peu de choses avaient fonctionné comme prévues. Charlie n’avait pas le contrôle de sa vie comme auparavant, et il s’avérait que recommencer à zéro sans l’aide de personne n’était pas si simple qu’elle avait pu l’imaginer. Mais rentrer la tête basse chez son père n’était pas une option. Prévenir les autorités non plus puisque son paternel serait sans aucun doute mis au courant de ses problèmes dans la journée. Charlie devait faire face, à ses petits problèmes comme aux grands. Avoir provoqué la mafia et en assumer les conséquences était son problème et elle devait le régler. Quitte à en mourir, ce n’est pas comme si quelque chose la retenait vraiment ici.

Sans s’en rendre compte et puisque très expressive, Charlie s’était remise droite au fur et à mesure de ses pensées, et son regard paraissait plus déterminée. Elle se tenait droite et ne cherchait plus à savoir qui et pourquoi on pouvait bien l’observait. A vrai dire, elle se sentait un peu comme l’héroïne d’un des romans qu’elle lisait, comme si vivre avait un sens en fin de compte. Enfin il s’y passait quelque chose de palpitant…
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Mer 31 Mai - 8:19
L'étudiante était dans un silence total. D'un côté, ça ne faisait que compliquer la chose pour aborder une discussion, mais d'un autre, ça laissait le temps à Akiko d'observer ses réactions et d'en déduire le plus de choses possibles. S'il n'en était qu'à elle, la détective se serait montré la plus directe possible. Mais son but n'était pas de faire fuire la demoiselle. Et puis, sous le coup de la panique, certaines personnes déclenchaient inconsciemment leur pouvoir. Que se passerait-il si c'était le cas de cette étudiante ? Akiko n'était même pas au courant de la dangerosité des roses de la jeune fille. Mais, par rapport aux événements, elle avait déduit que cette dernière avait quand même un minimum de contrôle sur sa capacité. Assez pour la faire apparaître en cas de problème, exactement comme elle l'avait fait pour protéger Atsushi.

Le médecin avait l'air de lire tranquillement son journal, mais elle était en réalité très attentive au moindre geste de sa voisine. Elle lui jetait de fréquents regards sans pour autant perdre sa discrétion. La vue du gros titre n'avait pas fait paniquer l'étudiante. Tant mieux. Si elle n'était pas capable de sang-froid, c'en était fini pour elle. Bien sûr, si elle avait eu une réaction nette et voyante, la conversation aurait pû être engagée plus facilement, mais quelle importance... Akiko n'avait pas l'intention de rentrer bredouille peu importe la situation. Et puis, elle aimait bien cet air déterminé sur le visage presque froid de la courageuse. C'était une femme forte, à n'en pas douter. Mais cela ne serait pas suffisant pour résister à la mafia. L'Agence devait la protéger, et l'idéal serait de ne pas avoir à le faire dans l'anonymat.

Akiko en avait assez de chercher un moyen d'aborder la conversation sans paraître louche. De toute façon, quoi qu'elle fasse, l'étudiante serait sans doute surprise, étonnée, voir, peut-être effrayée. Elle se décida donc d'être franche, et de faire passer le message par un abord quelque peu sentimental.

- C'était courageux. Merci.

La détective n'avait pas tenté de camoufler sa reconnaissance. Elle ne connaissait pas particulièrement Atsushi, mais était malgré tout réellement heureuse qu'il soit en vie. Bien sûr, elle savait bien que selon les priorités, elle se verrait peut-être contrainte, un jour, de ne pas porter secours à un collègue. Mais ça ne changeait rien au fait qu'elle ne supporterait pas de savoir un membre de l'Agence assassiné. Que ce soit par la mafia, ou autre. Et pour le coup, ne s'en voulait-elle pas de ne pas avoir été présente ce jour-là ? N'était-ce pas justement son rôle de médecin de soutenir les autres membres à l'arrière, quand c'était nécessaire ? Bien sûr, elle préférait attaquer plutôt que de se contenter de secourir les blessés, mais parfois, certaines choses étaient plus importantes, et surtout plus vitales que d'autres. Oui, sa gratitude envers l'étudiante n'était pas feinte, loin de là. Atsushi était un camarade, un collègue. Un porte-bagage, aussi, mais ça, c'était une autre histoire. Peut-être pas encore un ami, mais sur ce point, il n'y avait qu'à rattraper le temps perdu.

- Mais idiot, lâcha-t-elle pourtant, quelques secondes d'intervalles après sa première réplique. Tu t'es mis la mafia à dos, maintenant. Comment comptes-tu survivre ?

Peu importe la reconnaissance qu'elle ressentait, elle n'allait pas encourager une simple civile à se mêler plus encore de la mafia. Elle préférait lui faire comprendre que ce geste quoique infiniment généreux était totalement stupide. Même si elle avait un pouvoir, elle restait une simple civile. Rien de plus, rien de moins. Une civile qui se démarquait peut-être un peu plus des autres par ce geste héroïque, mais une civile. Et Akiko ne laisserait aucun civil devenir une victime collatérale sans rien faire. Elle ferait tout pour empêcher la ville de devenir un abattoir. C'était certainement pour cela qu'elle était de plus en plus impatiente et avait envie de régler cette affaire vite fait, bien fait, en sachant que l'étudiante était désormais protégée. Mais il ne fallait pas la brusquer, ou la situation empirerait plus qu'autre chose.
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Charles Baudelaire
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Mer 31 Mai - 13:51
« C’était courageux. Merci. »

4 mots chuchotés qui figèrent Charlie. Juste au moment où elle se pensait bien heureuse de ne pas avoir était retrouvée après cet incident, voilà quelqu’un qui la reconnaissait. Peut-être que cette femme était sur les lieux et qu’elle n’avait pas eu ce courage ? Enfin cette témérité plutôt, ou envie suicidaire, selon les points de vu. L’étudiante reprit une expression des plus neutres, et hocha simplement la tête. Pas la peine d’user de salive pour des paroles bateau du genre « c’était naturel » ou autres bêtises. C’était faux de toute façon, Charlie décrivait plutôt son acte comme inconscient et désespéré.

«  Mais idiot, lâcha-t-elle pourtant, quelques secondes d'intervalles après sa première réplique. Tu t'es mis la mafia à dos, maintenant. Comment comptes-tu survivre ? »

Cette fois, Charlie tourna la tête vers l’inconnue, et fronça légèrement les sourcils. Elle se méfiait, sans toutefois être impressionnée. Du moins, vu de l’extérieur, puisqu’intérieurement son corps réagissait de manière tout à fait normal à l’angoisse. Le mot « mafia » n’était tout de même pas anodin. Est-ce que cette femme en faisait parti ? Ça expliquerait pas mal de choses à vrai dire. Charlie n’y avait pas pensé plus tôt, mais elle aurait mieux fait de prendre garde vis à vis des gens qui agissent tout à fait normalement, un ennemi aurait naturellement pris soin de ne pas se dévoiler trop tôt. Ils étaient des professionnels du crime après tout…

Quoi que… Un mafieux l’aurait-il vraiment remercier d’être intervenu dans une de leur mission, la faisant échouée ? Ça c’était peu probable. L’autre avait eu l’air sincère lorsqu’elle lui avait parlé en plus de ça. Est-ce que quelqu’un pouvait être bon comédien à ce point ? C’était peut-être un piège, qui sait. Une manière de l’attirer jusqu’à leur trou à rat pour la tuer dans d’atroces souffrances. Et bien qu’ils essaient seulement, ils auraient une belle surprise en essayant de l’approcher.

Tandis que le cerveau de Charlie tentait d’imaginer tous les scénario possibles et imaginables, elle croisa les bras et perdu son regard dans le vague. Et comme si de rien était, elle s’adressa à son tour à la femme assise près d’elle. Arriverai-t-elle seulement jusqu’à l’Université aujourd’hui ?

« Ce n’est pas très poli de s’adresser à quelqu’un sans s’être présenter au préalable. Encore moins de critiquer ses actes. Et pour répondre à la question : je ne survis pas, je passe le temps. Si on allait droit au but maintenant ? Qui êtes-vous et qu’est ce que vous me voulez exactement ? »

Autant en finir au plus vite, surtout que le train arriverait en gare d’ici 5 bonnes minutes au maximum.
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Mer 31 Mai - 15:46
La jeune fille ne pipa mot face à la gratitude d'Akiko. Elle ne chercha pas à se vanter, à louanger ses actions, ni ne joua la carte de la fille trop gentille qui considère une action aussi folle que celle-là comme naturelle. Seul le silence et un hochement de tête répondit à la Détective. Et c'était mieux. Si l'étudiante s'était vantée, Akiko l'aurait très mal pris. Car certes, un tel acte était héroïque, mais en profiter pour se montrer arrogant revenait presque à se réjouir des malheurs qu'avait pu subir la victime de l'histoire. Quant à faire comme si c'était normal de risquer ainsi sa vie... C'était tout simplement mensonger, une façon de se faire passer pour un ange, sans parfois en avoir conscience.

Akiko obtint finalement une réelle attention à sa deuxième réplique. Malgré les doutes qu'avaient pu semer cette phrase dans son esprit, elle restait calme, vu d'extérieur, du moins. Enfin, bien sûr, on pouvait bien repérer quelques signes corporels prouvant qu'elle était tendue. Crainte ? Etonnement ? Début de panique ? Si c'était le cas, le médecin allait vite devoir mettre les choses au clair et lui faire comprendre qu'elle n'était pas une ennemie. Mais peut-être était-ce autre chose. Après tout, qui ne serait pas tendu après un face-à-face avec la mafia ? Personne, c'était déjà surprenant que la demoiselle puisse garder ainsi son calme. Une qualité de plus en plus rare qu'apprécia Akiko. Cela lui éviterait de perdre du temps à la pourchasser si elle essayait de s'enfuir.

En fait, le médecin voyait presque une membre idéale de l'Agence en elle. Calme, sérieuse, et surtout, prête à sauver son prochain. D'une certaine manière, cette action revenait presque à avoir passé le test d'entrée. Mais la jeune femme n'avait malgré tout aucunement l'intention de parler de cette idée à qui que ce soit. Pour l'instant, tout ce qu'elle voulait s'était s'arranger pour que l'étudiante soit en sécurité, ce qu'elle avait vécut devait largement être assez éprouvant. Quel âge avait-elle, au juste ? Vingt ans ? Plus ? Peu importe, au fond, n'importe qui irait mal après ça. Akiko en venait presque à se demander si la "sauveuse" d'Atsushi n'avait pas déjà fait face à une dure situation pour pouvoir encaisser aussi bien. Ou sinon, elle était une bonne comédienne.

Mais si, jusque-là, la jeune fille avait réussi à faire bonne impression à Akiko, sa réponse changea en partie cette opinion.

- Ce n’est pas très poli de s’adresser à quelqu’un sans s’être présenter au préalable. Encore moins de critiquer ses actes. Et pour répondre à la question : je ne survis pas, je passe le temps. Si on allait droit au but maintenant ? Qui êtes-vous et qu’est ce que vous me voulez exactement ?

Akiko se figea. Que venait-elle de dire ? Qu'elle passait le temps ? A croire qu'elle ne prenait pas la menace de la mafia au sérieux. Pourtant, si, elle devait forcément la prendre au sérieux, sauf si elle était idiote. Alors quoi ? Elle se moquait pas mal de mourir ? Surtout qu'assassinée par la mafia était loin d'être une belle mort. Sauf si on considérait qu'une belle mort était une mort où la victime finissait plus que défigurée.

- Tu... passes le temps ?


Akiko éclata d'un rire amer.

- Laisse-moi rire... Tu veux savoir qui je suis, ce que je te veux ? Tant de gens sont morts à cause de la mafia et tu permets de prendre ça ainsi à la légère ? Alors je vais être directe. Je suis la collègue de celui que tu as sauvé, mais surtout une Détective de l'Agence. Tu en as entendu parler ? Cette Agence regroupant des Détectives aux pouvoirs surnaturels ? Et oui, tu en as sauvé un membre. Mais vois-tu, lui aussi avait un pouvoir, et pourtant... Tu as bien vu ce qui a failli lui arriver. Alors ne crois pas que ton pouvoir te permettra de survivre. Il y a déjà eu trop de victimes. Trop de gens que l'Agence n'a pas pu sauver, trop de morts juste sous nos yeux, trop de fois où nous n'étions que des spectateurs, impuissants. Je ne laisserais pas ça arriver encore une fois. Alors que le veuilles ou non, l'Agence te protégera contre la mafia. Et s'il le faut je m'en chargerais en personne. Alors ne dis plus que "tu passes le temps", car crois-moi, ce serait un billet vers la mort.

Akiko ne riait plus du tout. Elle était sérieuse. On pouvait sentir une certaine colère dans sa voix, mais on devinait aussi qu'elle était sincère lorsqu'elle parlait de protéger l'étudiante. Malgré tout, elle avait dû se forcer pour ne pas lever le ton et serrait les lanières de son sac à s'en blanchir les phalanges. Peut-être même que l'étudiante avait cherché à riposter pendant sa tirade, mais elle n'y avait pas prêter attention, si c'était le cas.

- Une mort que je ne laisserais pas arriver. Quoiqu'il arrive.
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Mer 31 Mai - 17:16
Visiblement, la voisine de Charlie n’avait retenu qu’une seule chose de ce que l’étudiante avait dit. Et elle se mit à rire. Pas un rire moqueur, ou plein d’entrain, non un rire mauvais. Digne d’un film de cinéma, comme un méchant qui récolte la réponse qu’il attendait. L’étudiante avait très envie d’en faire la remarque et d’ajouter qu’on ne réponds pas à une question par d’autres, mais elle se retint, c’était sans doute préférable. Elle continua de l’observer, comme à peu près tout le monde autour, surpris par son amusement. Elle attendait sagement la suite des explications de la part de cette femme toujours inconnue. Pour le moment, cette mise en scène était simplement très étrange, voire un peu flippante sur les bords.

« Laisse-moi rire... Tu veux savoir qui je suis, ce que je te veux ? Tant de gens sont morts à cause de la mafia et tu permets de prendre ça ainsi à la légère ? Alors je vais être directe. Je suis la collègue de celui que tu as sauvé, mais surtout une Détective de l'Agence. Tu en as entendu parler ? Cette Agence regroupant des Détectives aux pouvoirs surnaturels ? Et oui, tu en as sauvé un membre. Mais vois-tu, lui aussi avait un pouvoir, et pourtant... Tu as bien vu ce qui a failli lui arriver. Alors ne crois pas que ton pouvoir te permettra de survivre. Il y a déjà eu trop de victimes. Trop de gens que l'Agence n'a pas pu sauver, trop de morts juste sous nos yeux, trop de fois où nous n'étions que des spectateurs, impuissants. Je ne laisserais pas ça arriver encore une fois. Alors que le veuilles ou non, l'Agence te protégera contre la mafia. Et s'il le faut je m'en chargerais en personne. Alors ne dis plus que "tu passes le temps", car crois-moi, ce serait un billet vers la mort. Une mort que je ne laisserais pas arriver. Quoiqu'il arrive.  »

Charlie arqua un sourcil, un peu surprise. Prendre quoi à la légère ? Bien sûr que la jeune fille savait ce que le mot « mafia » impliquait. Mort et destruction. Le fait que cette inconnue soit membre d’une Agence de Détective ne l’aidait pas beaucoup, et elle ne voyait pas vraiment le rapport avec la mafia pour le coup… Elle n’en avait jamais entendu parler d’une telle organisation, faudrait-il encore adresser la parole aux gens ou se tenir informer de ce qu'il se passe à Yokohama pour ça.

Le seul détail qui fit un peu tiquer Charlie, fut les « pouvoirs surnaturels ». A ces mots, elle ne put empêcher ses yeux de s’agrandir un peu. Est-ce qu’il y aurait des personnes comme elle ? Ça pouvait tout aussi bien être une ruse d’une personne ayant compris qu’elle était un monstre et qui voulait l’appâter pour pouvoir l’étudier. Quoi que si ce garçon était lui aussi touché par une sorte de malédiction, cela expliquerait sa guérison. Au début, Charlie avait pensé avoir rêver. Ses jambes n’avaient pas pu se rattacher d’elle-même aux restes de son corps… Tout ça était impossible, incroyable. La brune secoua la tête, et se concentra sur le reste. Elle ne se laisserait pas distraire, ni avoir facilement.

Alors qu’elle réfléchissait encore à quoi répondre, le train arriva en gare, le terminus, proche du centre-ville et de l’Université. Charlie ne bougea pas de son siège, laissant le temps à tous les passagers de quitter le wagon. Une fois seule avec la détective, elle se leva à son tour, son sac sur l’épaule et fit quelques pas pour sortir. Elle se stoppa néanmoins à côté de la femme.

« Si les membres de la mafia veulent ma peau, je ne suis pas sûre que quiconque puisse les en empêcher. Je n’ai jamais dit que je me laisserais faire… Croyez-moi, ceux qui me trouveront le regretteront sévèrement. J’en mourrais, certes, et ce ne sera pas joli à voir. Ce n’est pas comme si je méritais d’avoir une belle mort. Il y eut un bref silence, le temps d’une pause. Que votre Agence ou votre collègue ne se sente surtout pas obliger de m’aider. Je ne veux pas d’aide, et visiblement, vous avez bien assez de travail avec le reste de la population de cette ville. »

Charlie reprit son chemin, et sauta sur le quai. Elle ne fuyait pas et n’essayait même pas de se presser ou de se fondre dans la masse. Si la prétendue détective voulait la rattraper, qu’elle le fasse. Mais il restait beaucoup de méfiance vis-à-vis d’elle et de cette pseudo-agence… La jeune fille préférait prendre des précautions et si affrontement il devait y avoir, autant que ce soit dans un endroit moins chargé de monde.
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Mer 31 Mai - 19:13
Alors qu'Akiko progressait dans son discours, sa voisine avait été trahie par quelques signes, un froncement de sourcil, un imperceptible sursaut... Trop occupée à exprimer le fond de sa pensée, la Détective les avait notés inconsciemment. Quand elle repenserait à cette conversation, elle se rendrait certainement compte de ces détails insignifiants qui pouvaient pourtant cacher tellement de choses... Mais à l'instant, elle s'était contentée de les enregistrer et de les ranger dans un coin de sa tête sans y accorder plus d'attention. Elle repensait à tous les morts qu'elle avait pu voir et en voulait à l'étudiante d'avoir si peu de valeur pour sa vie. Oh, cela faisait pourtant longtemps qu'elle ne se sentait plus coupable de la mort des patients qu'elle avait pu avoir avant l'Agence. Elle avait compris qu'il y a des choses qui ne pouvaient pas être évités. Mais cela ne l'empêcher pas de rager, ces personnes s'étaient tellement battues pour survivre... Alors pourquoi avaient-elles dues mourir alors que cette fille qui semblait presque s'en moquer était suivie par la chance ?

Car oui, c'était de la chance de ne pas être encore morte après s'être mêlée des affaires de la mafia. Après, peut-être n'était-ce là qu'une maigre compensation comparé à ce qu'avait pu vivre la demoiselle par le passé, le médecin s'en moquait. Peu importe les souffrances, oublier combien la vie était précieuse était inacceptable. Là, sa priorité n'était plus de lui dire "on va te protéger, acceptes parce que même si tu refuses, on le fera quand même", sa priorité c'était justement de lui rappeler que la vie méritait plus de respect. Et puis, elle avait accomplie sa mission, non ? Elle avait dit ce qu'elle avait à dire. Cela aurait été plus simple de protéger l'étudiante si cette dernière s'était montrée plus coopérante... Mais puisque ce n'était pas le cas... Ce serait plus compliqué, mais pas impossible. Mais franchement, c'était agaçant, l'Agence était déjà en sous-effectif, tout serait quand même plus simple si la demoiselle ne faisait pas d'histoires.

Le train s'arrêta dans une secousse. Terminus. Devançant sa voisine en se levant d'un bond, Akiko soupira. Elle resta immobile, laissant le train se vider. Plutôt que de satisfaire ses propres priorités, elle réfléchissait à celles de l'Agence. Comment convaincre la jeune femme de se laisser protéger ? En y repensant, elle non plus n'aurait pas accepté si facilement une telle proposition. Elle n'aurait pas aimé l'idée qu'on la sous-estime au point de la croire incapable de survivre seule. Elle n'aurait acceptée une telle proposition seulement si... Elle fut coupée dans sa réflexion par son interlocutrice.

- Si les membres de la mafia veulent ma peau, je ne suis pas sûre que quiconque puisse les en empêcher. Je n’ai jamais dit que je me laisserais faire… Croyez-moi, ceux qui me trouveront le regretteront sévèrement. J’en mourrais, certes, et ce ne sera pas joli à voir. Ce n’est pas comme si je méritais d’avoir une belle mort. Il y eut un bref silence, le temps d’une pause. Que votre Agence ou votre collègue ne se sente surtout pas obliger de m’aider. Je ne veux pas d’aide, et visiblement, vous avez bien assez de travail avec le reste de la population de cette ville.

- Tu me sembles bien confiante, rétorqua le médecin, presqu'avec tristesse. Tes buissons doivent être bien puissants. Quant au fait que l'Agence souhaite te protéger... Ne te sous-estime pas, ce n'est pas par obligation. Tu as sauvé Atsushi, il t'en est tellement reconnaissant que c'en est agaçant. Mais ce n'est pas pour ça que nous souhaitons te protéger. C'est notre devoir, c'est tout, ce n'est pas spécialement parce que c'est toi. Même s'il est vrai que ça joue un peu auprès de certains membres, concéda-t-elle en pensant surtout à ceux qui étaient le plus proche du Tigre.

Rangeant son journal, Akiko sauta à son tour sur le quai. Elle fixa un instant le dos de Charlie, non loin devant. Elle décida de tenter le tout pour le tout, s'arrangeant pour que la probablement-future-victime de la mafia ne l'entende :

- La mafia attaque le plus souvent la nuit. Mais il arrive qu'elle change ses habitudes. As-tu entendu parler de l'accident du train qui a été justement en partie empêché par les Détectives ? L'Agence a réussi à te retrouver avec le peu d'information à disposition, la mafia le peut. Comment feras-tu si la mafia attaque à ton Université ? Ou dans le train ? Penses aussi à ceux qui pourraient être entrainés alors qu'elles n'ont rien faits. Tu ne pourras pas les protéger à toi seule, rien que pour eux, tu ferais mieux, au moins, de rencontrer l'Agence. Rien que ça, pour commencer.

Akiko misait désormais sur l'âme sensible qu'elle soupçonnait l'étudiante de cacher au fond d'elle. Elle n'aimait pas échouer, elle ne se le permettrait donc pas.
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Charles Baudelaire
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Mer 31 Mai - 21:27
« Tu me sembles bien confiante, rétorqua le médecin, presqu'avec tristesse. Tes buissons doivent être bien puissants. Quant au fait que l'Agence souhaite te protéger... Ne te sous-estime pas, ce n'est pas par obligation. Tu as sauvé Atsushi, il t'en est tellement reconnaissant que c'en est agaçant. Mais ce n'est pas pour ça que nous souhaitons te protéger. C'est notre devoir, c'est tout, ce n'est pas spécialement parce que c'est toi. Même s'il est vrai que ça joue un peu auprès de certains membres, concéda-t-elle en pensant surtout à ceux qui étaient le plus proche du Tigre. »

Charlie marchait droit devant elle, et ne devait surtout pas se retourner. En réalité, elle mourrait d’envie de faire demi-tour pour hurler à la figure de cette détective que son pouvoir, ou du moins les fleurs qu’elle pouvait invoquer, n’étaient pas puissantes. Elle semaient la mort chaque fois qu’elles apparaissaient, et étaient une malédiction, une fatalité. Ce pouvoir surnaturel avait fait d’elle un monstre, une criminelle qui avait tué la moitié de sa famille. L’étudiante grinça des dents et continua à avancer. Non, pour rien au monde elle ne se laisserait protéger. Pour la simple et bonne raison que s’approcher de qui que ce soit, dans cette Agence ou n’importe où, faisait courir des risques inutiles aux concernés.

« La mafia attaque le plus souvent la nuit. Mais il arrive qu'elle change ses habitudes. As-tu entendu parler de l'accident du train qui a été justement en partie empêché par les Détectives ? L'Agence a réussi à te retrouver avec le peu d'information à disposition, la mafia le peut. Comment feras-tu si la mafia attaque à ton Université ? Ou dans le train ? Penses aussi à ceux qui pourraient être entrainés alors qu'elles n'ont rien faits. Tu ne pourras pas les protéger à toi seule, rien que pour eux, tu ferais mieux, au moins, de rencontrer l'Agence. Rien que ça, pour commencer. »

L’arrêt net. Ça n’en finirai donc jamais… Charlie se demanda une fois encore, si elle n’était pas née pour être une arme. Un monstre qui ne sert qu’à tuer. Mais dans ce cas alors, pourquoi était-elle si sensible au malheur des autres ? Elle était déjà un danger quand elle était dans un amphithéâtre et que quelqu’un avait l’audace de s’asseoir près d’elle. Ou quand elle prenait chaque matin et chaque soir le train bondé. Et maintenant, son altercation avec la mafia ajoutait encore un risque pour toutes ces personnes innocentes.

« Vous ne pouvez rien faire pour moi ! Et… Si vous essayez, vous en serez les victimes. »

Elle avait hurlé ces dernières paroles en pleine gare toujours dos à la détective. Les larmes aux yeux, le coeur battant vite et fort à en faire mal, et des souvenirs de fleurs empoisonnées plein l’esprit, Charlie se mit à courir jusqu’à une rue déserte où elle espérait pouvoir passer la crise sans crainte. Il ne fallait pas qu’elle la suive… Il ne fallait pas.

Charlie se posa au sol, à l’abri des regards derrière une poubelle et pris ses genoux contre elle. Là, elle put laisser libre court à ses émotions, trop fortes pour être contrôlées. Ce genre de crise arrivait parfois, de moins en moins souvent avec le temps. La jeune fille savait maintenant les prévoir à l’avance, les contenir assez longtemps pour ne pas le faire en public, voire parfois les éviter complètement. C’est comme si son talent était une entité distincte de son être, une chose qui profitait de sa faiblesse chaque fois qu’il en avait l’occasion pour faire toujours plus de victimes, et affaiblir un peu plus Charlie.
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Jeu 1 Juin - 16:40
L'étudiante se figea. Les paroles d'Akiko avaient fait mouche, elle avait réussi à toucher une corde sensible. Elle se serait bien réjouie mais elle savait que ce n'était pas gagné pour autant. Peut-être avait-elle poussé le bouchon trop loin ? Peu importe, il fallait bien que la demoiselle ouvre les yeux, quitte à se blesser à la réalité. La Détective préférait ça plutôt que de mentir ou faire miroiter de belles promesses à l'étudiante. Ce n'était pas son style, et puis ce ne devait pas non plus être celui de son interlocutrice.

- Vous ne pouvez rien faire pour moi ! Et… Si vous essayez, vous en serez les victimes.

L'étudiante avait hurlé, elle venait de perdre son calme de façade, ses limites avaient étés atteintes. Akiko haussa un sourcil, attendant une explication. C'était donc ça ? Elle avait peur de blesser son entourage... Cela expliquait bien des choses. L'air froid et distant qu'elle portait, mais aussi ce calme qu'elle avait conservé malgré la situation. Car après, tout, si elle avait tellement peur de faire du mal, c'est qu'elle avait déjà dû en faire, et qu'elle s'en voulait, et donc que c'était probablement un accident. Mais cette dernière chose ne devait malheureusement en rien changer la culpabilité que ressentait très certainement l'étudiante. Peut-être même qu'elle avait sauvé Atsushi pour se racheter, en pensant à la personne à qui elle avait fait du mal ? Akiko n'en savait rien, elle ne savait même pas si son hypothèse était juste, et si en pensant "faire du mal", l'étudiante voulait dire "blesser" ou "tuer".

Le médecin n'avait pas le temps d'approfondir sa réflexion. La demoiselle s'enfuyait, et dieu qu'elle était rapide ! Akiko hésita un instant. Courir à en perdre haleine pour poursuivre l'étudiante... Non merci... Elle se passa la main dans les cheveux dans un soupir. Mais avait-elle vraiment le choix ? Courir après les gens ne lui correspondait pas, mais abandonner une personne en pleine détresse lui allait encore moins. Contrairement à ce que l'on pouvait imaginer d'une femme en jupe et talons, elle allait assez vite et avait une bonne endurance. Elle n'avait pas la vitesse pour égaler l'étudiante, qui, de toute façon avait déjà une longueur d'avance, mais elle arrivait malgré tout à ne pas la perdre de vue. Elle avait le temps d'entre-apercevoir un dos rouge au coin de la rue, un chemin qui s'était formait entre plusieurs passants en train de pester qui signalait qu'une furie était passé par là... Elle aurait bien abandonné son sac qui pesait son poids et la ralentissait, mais c'était un tros gros risque. Il y avait dedans toutes ses armes de défence. Elle avait largement les moyens de se défendre à mains nues, mais s'il s'agissait d'un exécuteur de la mafia... Elle n'aurait aucune chance de survivre tout en limitant le décès des civils alentour.

A un moment, Akiko crut perdre la demoiselle en fuite de vue. Elle cessa aussitôt sa course poursuite. Il n'y avait plus aucun indice témoignant de son passage. Comment avait-elle pu perdre sa trace ? Pourquoi ne l'avait-elle pas poursuivie tout de suite ? Pestant contre elle-même, elle commença à faire demi-tour, restant malgré tout aux aguets. Heureusement, d'ailleurs, car sans ça, elle n'aurait pas pu entendre ce léger bruit qu'elle identifia à des sanglots provenant d'une ruelle, ou plutôt d'une impasse qu'elle parcourut des yeux. Elle s'avança, le bruit provenait de derrière une poubelle. Illusion, chance ? Qui sait, mais Akiko aperçut, l'espace d'un instant l'éclat d'un bout de tissu rouge. C'était elle.

- Franchement..., souffla-t-elle dans un claquement de langue pour marquer son mécontentement face à la fuite de l'étudiante.

Mais parce qu'elle n'était pas sans-coeur, elle ne s'avança pas plus, laissant une barrière matérielle et un distance de plusieurs mètres entre la demoiselle et elle. Elle ne voulait pas paraître plus menaçante qu'elle ne l'était déjà. Elle s'adossa au mur et fixa le bout de ciel qu'elle pouvait apercevoir. Il était si bleu... Peu importe les événements, le ciel restait toujours le même, comme si de rien n'était, comme s'il était intouchable.

- J'ai aussi un pouvoir. Si toutes les conditions sont réunies... Il me permet de soigner les blessures de n'importe quelle personne.

Elle cessa sa contemplation du ciel. Si la demoiselle n'était pas cachée, elle l'aurait fixé droit dans les yeux pour lui montrer toute la détermination qui se lisait dans son regard. Au lieu de cela, elle semblait s'adresser au mur. Mais elle était sûre que l'étudiante l'écoutait, elle l'espérait, du moins. Et elle espérait que cette dernière comprendrait au ton de sa voix qu'elle était sérieuse, et déterminée. Akiko avait compris une chose. Celle qui avait sauvé Atsushi ne manquait pas de respect pour la vie. Non. Désormais, le médecin ne voulait plus lui faire comprendre à quel point la vie était importante, elle voulait la convaincre que sa propre vie était tout aussi précieuse que celle des autres. Qu'elle valait la peine qu'on se mette en danger pour elle, comme elle l'avait fait pour Atsushi. Mais chaque chose en son temps...

- Alors saches que tant que je serais là, je ne laisserais personne mourir sous mes yeux.

Oui, il lui fallait prouver à l'étudiante qu'elle pouvait, non, que l'Agence pouvait la protéger sans qu'il n'y ait aucune autre victime. Et encore... La protéger n'était peut-être pas le bon mot. Plutôt la soutenir, lui apporter son aide. Peut-être que l'étudiante était forte, peut-être qu'elle savait se défendre, mais seule, elle n'arriverait à rien. Voilà pourquoi Akiko était arrivé à la conclusion que la soutenir et agir à ses côtés en cas de besoin valait mieux que la protéger.
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Charles Baudelaire
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Sam 10 Juin - 14:43
Du temps passa. Des secondes, des minutes sans doute, et peut-être des heures. Charlie perdait quelque peu la notion du temps lorsqu’elle s’enfonçait dans son passé. L’Université et ses cours de la journée lui traversèrent l’esprit un instant : elle allait sans doute rater toute une journée, mais ce n’était pas la première fois. Certains jours, elle n’arrivait tout simplement pas à se lever, assommer par le poids de sa culpabilité. C’est comme s’il n’y avait plus que cette douleur qui lui transperçait le coeur un peu plus à chaque battement, qu’elle ignorait la grande majorité du temps.

La jeune fille haussa simplement les épaules, essuyant d’une main les 3 ou 4 larmes qui avaient dévalées ses joues. Pour les cours elle n’avait pas à s’en faire. Trouver un médecin qui lui ferait un mot d’excuse plausible en échange d’une ou deux liasses de billets n’était pas vraiment un problème dans la monde corrompu d’aujourd’hui, et encore moins dans cette ville. Rien d’étonnant que la mafia ce soit installé à Yokohama en fin de compte…

Encore en pleine réflexion, Charlie entendit un bruit de pas, caractéristique d’une femme en talon s’approchait. Non, ça ne pouvait pas être cette détective qui l’avait retrouvé… Elle lui avait pourtant dit que c’était risqué !

« Franchement… » souffla-t-elle dans un claquement de langue

Charlie releva la tête. Dans l’obscurité de la ruelle, on pouvait maintenant repérer comme une lueur rouge : ses prunelle avaient pris cette couleur de sang, et brillaient dans le noir. Elle se releva, pour faire face à celle qui l’avait poursuivi. L’autre femme était posée contre un mur, les yeux perdus dans l’immensité du ciel et ne semblait pas du tout craindre quoi que ce soit. Pourtant…

Charlie était effrayante, et en colère. Pourquoi cette femme s’obstinait elle ainsi ? Ne comprenait-elle pas la dangerosité de la situation? Non, bien sûr que non. La brune était sous-estimait. Qui pouvait croire qu’une jeune fille timide soit en réalité un assassin ?

« J’ai aussi un pouvoir. Si toutes les conditions sont réunies... Il me permet de soigner les blessures de n'importe quelle personne.  » ajouta-t-elle, fixant à présent le mur en face d’elle.
« Qu… Quoi ? »

La détective avait encore dit quelque chose, mais l’étudiante l’écoutait plus. L’agressivité de Charlie retomba presque instantanément et ses iris prirent à nouveau leur couleur brune habituelle. Son cerveau grouillait de questions, imaginant sa vie si un médecin avait pu soigner sa mère et son frère à temps. Serait-elle encore un danger dans ce cas là ? Oui, elle serait toujours une arme. Mais l’issu de son pouvoir ne serait plus aussi fatal, il y avait un espoir, un petit espoir.

« Imaginons que je te suive où tu veux. Tu me montreras ce que tu peux faire ? »

Et cette Agence… Charlie restait curieuse de voir ce dont étaient capables les autres. S’ils étaient vraiment détenteur d’un « talent » comme le sien, elle voulait voir ça de ses propres yeux.
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Dim 11 Juin - 10:31
Akiko avait très certainement senti l'agressivité de l'étudiante, mais il était hors de question qu'elle rentre dans ce jeu. Cette rencontre avait pour but d'apporter protection à celle qui avait sauvé Atsushi, pas de finir en combat. Bien sûr, elle se serait défendue si besoin. Peut-être même aurai-elle apprécié un affront entre elle et l'étudiante, car elle aurait pu évaluer ses capacités, et voir si elle était vraiment capable de tenir tête un minimum à des assassins de la mafia. Et puis, découvrire l'ampleur des capacités d'autres détenteurs était toujours intéressant. Mais bien que sachant parfaitement se battre, la Détective préférait d'abord éviter cette option. C'est pourquoi elle feignait l'indifférence face à la colère de la demoiselle.

Le médecin savait qu'il y avait moyen de faire en sorte que cet échange se finisse bien. En fait, c'était même la seule solution qu'elle envisageait, sauf si bien sûr quelqu'un d'autre venait s'y mêler. Comme un mafieux, par exemple. D'où lui venait cette conviction ? Dire qu'Akiko avait totalement cerné l'étudiante aurait sans doute été arrogant, car tout le monde a en lui une part sombre et secrète qu'il ne montre à personne. Mais ce qu'elle avait compris de la détentrice c'était qu'elle ne supportait pas de savoir que des gens mourraient par sa faute. La réaction qu'elle avait eu quand Akiko lui avait dit que c'était ce qui pouvait arriver tant qu'elle avait la mafia à dos le prouvait. La façon dont elle avait voulu éloigner l'Agence de cette histoire pour "ne pas les blesser", le prouvait aussi. Et le courage qu'elle avait démontré en risquant sa vie pour Atsushi qui était pourtant un parfait inconnu à ses yeux, en était aussi une preuve. Alors oui, Akiko savait que si elle choisissait les meilleurs arguments possibles, elle pourrait convaincre la demoiselle.

Oh, elle ne s'attendait pas à gagner sa confiance. Bien sûr, si c'était le cas, tant mieux, ce serait l'idéal. Mais le fait que l'étudiante accepte de la suivre lui suffisait. Un très léger sourire, presque imperceptible effleura ses lèvres face à la surprise de son interlocutrice.

- Imaginons que je te suive où tu veux. Tu me montreras ce que tu peux faire ?

Satisfaite de la tournure que prenait la conversation, Akiko fit un pas en avant, se décollant du mur. Elle se tourna pour faire face à son interlocutrice.

- Bien sûr. Normalement, pour que mon pouvoir s'actionne, le blessé doit être à demi-mort, mais je suis sûr que pour toi, il y aura bien un volontaire à l'Agence, déclara-t-elle alors qu'une lueur sadique dansait dans son regard, en contradiction avec l'air sérieux qu'avait son visage.

Cette précision pouvait paraître effrayante, mais Akiko n'avait pas l'intention de mentir à l'étudiante, encore moins sur un détail aussi important. Car si elle commençait à faire de telles cachotteries, elle n'arriverait à rien. Et puis peu importe la douleur que pouvait provoquer une telle condition, cela restait malgré tout un faible prix pour la vie. Une main sur la hanche, la Détective tendit son autre main en direction de Charlie.


- Je suis Akiko Yosano, le médecin de l'Agence des Détectives.

N'aurait-il pas été plus simple de commencer ainsi dès le début ? Certainement. Mais parfois la voie la plus compliquée restait celle qui aboutissait à la meilleure finalité possible. Akiko s'était peut-être montré presque trop directe, mais grâce à cela, elle avait pu poser des arguments très convaincants surtout face à une telle mentalité que celle de l'étudiante. Avait-elle gagné pour autant ? Peut-être pas encore. Mais qu'importe, si ce n'était que ça, il lui restait du temps. Enfin... En réalité, elle était loin d'avoir tout son temps, mais elle n'avait pas l'intention d'abandonner, peu importe le comportement de l'étudiante. Elle était une personne d'un naturel très déterminé. Mais elle avait déjà réussi à convaincre son interlocutrice de la suivre, ou presque. C'était un bon début.
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Charles Baudelaire
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Mer 14 Juin - 1:45
HRP :
 

« Bien sûr. Normalement, pour que mon pouvoir s'actionne, le blessé doit être à demi-mort, mais je suis sûr que pour toi, il y aura bien un volontaire à l’Agence. »

A demi-mort… Le choix de l’expression fit doucement rire Charlie, le visage baissé vers le sol. Lorsque quelqu’un était touché par son poison, en très peu de temps cette personne était morte tout court. D’expérience l’étudiante savait bien que tout talent avait ses contreparties - elle se souvenait d’ailleurs d’une série américaine où chaque fois qu’un personnage usait de magie, il devait en payer le prix fort. Malheureusement, les contes de Fées n’existe pas dans le monde réel. Alors presque mourir était sans doute préférable à passer définitivement la limite entre les 2 mondes.

« Je suis Akiko Yosano, le médecin de l'Agence des Détectives. »

Le regard de Charlie fut attiré un peu haut plus que le bout de ses chaussures, vers ce qui semblait être une main. En relevant totalement la tête, il était évident que ce membre appartenait à la femme médecin. La jeune fille soupira, et répondit au geste de politesse, avec toujours une certaine réserve et beaucoup de méfiance.

« Charlie. Si vous êtes vraiment des détectives, je n’ai pas besoin d’en dire plus je crois… Enfin, il y a quand même un point que je voudrais éclaircir avant de partir d’ici. »

La brune recula d’un pas, distance de sécurité oblige, et ferma les yeux quelques secondes. Lorsque ses paupières se rouvrirent, ses prunelles étaient de nouveau rouge sang, de la même teinte d’ailleurs que les fleurs qui poussèrent à une vitesse hallucinante juste à côté d’elle en un buisson d’à peu près sa hauteur. La lumière écarlate s’éteignit, et Charlie planta son regard dans celui d’Akiko, l’air le plus sérieux affiché au visage. La menace émanant de ces fleurs ne devait pour rien au monde être prise à la légère.

Voilà que Charlie était sur le point de dévoiler l’un de ses plus lourds secrets à une inconnue. C’était pour la bonne cause - passer à côté d’un si grand espoir de débarrasser le monde de son talent mortellement dangereux serait stupide. Malgré tout et comme l’avait souligné la détective peu de temps auparavant, elle devait rester sur ses gardes. Avec la Mafia à ses trousses, l’étudiante n’était pas à l’abri d’une tromperie…

« Du poison, au simple contact avec ces fleurs. Mon père a tenté de le faire étudier mais aucun antidote n’existe jusqu’à présent, je ne suis pas moi-même immunisé. D’où l’intérêt que je porte à ce que tu prétend pouvoir faire. » Après un bref silence, laissant le temps à son interlocutrice de bien tout interpréter, Charlie reprit.

« La situation pourrait ne pas être critique, si je maîtrisai la pousse de ses fleurs… Mais je n’ai pas un contrôle parfait. Les sentiments trop fort l’enclenche, et la catastrophe se produit… » Un voile de tristesse se déposa devant les yeux de la jeune fille et malgré la boule qui s’était installée dans sa gorge, elle continua, toujours sur un même ton neutre, calme et posé.

« Je n’hésiterai pas un instant à m’en servir si je sens que c’est nécessaire. Si les choses sont claires maintenant, emmène moi à cette Agence. S’il-te-plaît ! »
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Mer 14 Juin - 19:09
Un petit rire de la part de l'étudiante. Akiko aurait pu prendre cela pour un progrès si ce rire n'avait pas suivi la description des conditions nécessaires à l'activation de son talent. Il n'y avait rien de particulièrement amusant dans cette réplique, non, c'était plus un rire... amer ? Qu'importe. S'attarder ainsi sur chaque réaction de la demoiselle pouvait lui permettre de mieux la cerner mais ce n'était pas le plus important, à l'instant.

L'étudiante accepta finalement de serrer la main d'Akiko, mais on voyait bien que le coeur n'y était pas. Le médecin ne lui en tint pas rigueur. C'était un détail, rien d'autre. Le résultat y était, c'était tout ce qui comptait.

- Charlie. Si vous êtes vraiment des détectives, je n’ai pas besoin d’en dire plus je crois… Enfin, il y a quand même un point que je voudrais éclaircir avant de partir d’ici.

La Détective ne prit pas en compte ce qui aurait pu passer pour une pique (surtout qu'elle était vraie), plus intéressée par ce qu'était cette "autre point à éclaircir". Elle sentait bien qu'il s'agissait là d'une chose importante. Elle était même persuadée que ça avait un rapport avec cet événement qui semblait la pousser à éloigner tous ceux qui s'approchaient d'elle sous prétexte "qu'ils se blesseraient". Enfin, à supposer qu'elle avait eu juste en interprétant ainsi les réactions et les paroles de l'étudiante. Mais elle n'avait presque aucun doute là-dessus, elle avait rencontrée plus d'une personne avec un tel passé, et elles avaient souvent un comportement semblable à quelques différences près. Kyoka, par exemple, faisait partie de "ces personnes".

Charlie ferma les yeux. Et quand elle les rouvrit, ô surprise ! ils étaient rouges. Et c'est alors qu'apparut un buisson de roses. Oh, il ne se matérialisa pas ainsi, mais il poussa tellement rapidement qu'Akiko en avait presque l'impression. Allait-elle enfin savoir ce que valait ces fameux buissons ? Elle s'en approcha, faisant courir sa main juste au-dessus, sans pour autant les effleurer. Et heureusement d'ailleurs, comprit-elle, face aux informations qui suivirent.

- Du poison, au simple contact avec ces fleurs. Mon père a tenté de le faire étudier mais aucun antidote n’existe jusqu’à présent, je ne suis pas moi-même immunisé. D’où l’intérêt que je porte à ce que tu prétend pouvoir faire.

Akiko profita de ce silence pour étudier la situation. Pourrait-elle soigner une des victimes de ces roses ? Oui, mais à condition que cette personne porte au moins une blessure externe, le cas du "demi-mort" étant largement réglé par le poison. Ainsi, si la victime avait été empoisonnée par un simple contact, elle devrait d'abord lui faire subir une blessure, même petite avant que son pouvoir ne s'active. C'était faisable, largement.

- La situation pourrait ne pas être critique, si je maîtrisai la pousse de ses fleurs… Mais je n’ai pas un contrôle parfait. Les sentiments trop fort l’enclenche, et la catastrophe se produit…

C'était donc ça. L'événement. Maintenant, Akiko était sûre qu'il s'était passé quelque chose de terrible dans la vie de Charlie, et que ça avait un rapport avec son pouvoir. Elle pensa qu'elle serait d'ailleurs intéressée si elle entendait parler du pouvoir de Dazai. Annuler sa capacité serait même bien plus simple que de soigner les dégâts qu'elle causait. Mais cela incluerait être toujours collé à Dazai, enfin, lui, en serait peut-être ravi... Mais Charlie le serait sans doute moins.

- Je n’hésiterai pas un instant à m’en servir si je sens que c’est nécessaire. Si les choses sont claires maintenant, emmène moi à cette Agence. S’il-te-plaît !

Akiko laissa retomber son bras le long du corps, fit un pas en arrière et fixa Charlie, en penchant légèrement la tête sur le côté.

- Limpide. Mais avant cela... Dis-moi... Tes buissons vont-ils disparaître quand tu te seras éloignée ? Et si ce n'est pas le cas, y a-t-il un moyen de les détruire ? Il vaudrait mieux éviter que des passants tombent dessus.
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Charles Baudelaire
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Jeu 22 Juin - 18:54
Le médecin baissa la main précédemment tendue vers les fleurs et mis une certaine distance entre elle et le buisson. Charlie soupira. Tout le monde avait plus ou moins la même réaction face a de jolies roses ; et les siennes étaient toujours d'une parfaite perfection. Pour mieux attirer ses victimes, les pousser à s'approcher, en les séduisant.

Maintenant qu'elle était consciente du danger, Akiko tourna un peu la tête la manière d'un chiot curieux découvrant une toute nouvelle chose. Elle allait lui poser cette question. La même que son père lorsqu'il s'était rendu compte du potentiel destructeur et meurtrier de sa petite fille.

- 《 Limpide. Mais avant cela... Dis-moi... Tes buissons vont-ils disparaître quand tu te seras éloignée ? Et si ce n'est pas le cas, y a-t-il un moyen de les détruire ? Il vaudrait mieux éviter que des passants tombent dessus.

Un autre soupir. L'étudiante se mordit la lèvre et ses yeux se posèrent instinctivement sur le béton gris du sol. Le contrôle de son talent avait toujours été très délicat, et elle avait du s'entraîner durement pour au moins effacer les traces de ses bêtises.

~

Charlie transpirait à grosses gouttes, debout sur la terrasse de la maison familiale. Elle avait les bras tendues en direction d'un énième buisson de roses rouges sombres, caractéristiques de sa malédiction. Il fallait qu'elle y arrive cette fois, elle devait réussir à le faire disparaître autrement qu'en obligeant un jardinier a risquer sa vie a arracher et brûler ces infâmes végétaux.

L'enfant avait grandit, un observateur aurait pu remarquer ses formes de femmes naissantes. Elle passait désormais toute l'année scolaire en internat et les vacances d'été dans ce jardin, à attendre un miracle. Et quand son père rentrait le soir, s'il rentrait, il lui posait toujours la même question.

- 《 Tu as trouvé le moyen de les détruire ? 》

Et chaque fois, c'était négatif. Il ne disait rien, et à vrai dire le père et la fille n'avait plus vraiment discuté depuis le terrible accident. Mais la jeune fille pouvait facilement discerner la déception et encore plus la peur dans les yeux de son géniteur. Face à ça, elle baisser toujours le regard, incapable de le supporter et se mordait la lèvre pour éviter un débordement de ses émotions. Ensuite il retournait s'enfermer dans son bureau.


~

Après une grande inspiration, Charlie fixa intensément ce qu'elle venait de créer. Elle avait besoin d'une énorme concentration pour utiliser son pouvoir dans le sens inverse, avoir le calme autour d'elle et suffisamment de volonté. Ses yeux prirent a nouveau une couleur vermeil, durant quelques secondes. L'opération pour détruire le buisson était plus longue que pour les faire pousser, et plus éprouvante également. Très lentement, les branches se rétractèrent, les tiges se raccourcirent et les roses se refermer en bouton jusqu'à disparaître complètement. Il n'en restait plus une trace, si ce n'est que la brune était aussi essoufflée qu'après un marathon.

- 《 Voi... Voilà. Je peux... faire ça. Elle prit le temps de retrouver une respiration normale avant de reprendre. Là encore, c'est très aléatoire, en fonction de l'environnement et de mon ressenti. Je dois comme... obliger quelque chose en moi à s'arrêter pour y arriver. En tout cas il ne devrait pas y avoir de problème. Je suis calme pour le moment.
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"Il me semble que je serais toujours bien là où je ne suis pas." [PV Yosa']
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