Bungou Stray Dogs
La guerre est déclarée...
Face à la défaite cuisante de la guilde, le conflit pour dominer Yokohama une bonne fois pour toute ne fait que commencer. Alors que chaque camp se bat pour ses valeurs, le chaos s'installe progressivement dans la ville, mêlant ainsi de simples citoyens au nombre de victimes. Cette guerre finira-t-elle par avoir une conclusion ? Et si cela est le cas, terminera-t-elle dans la peine et la souffrance ou bien une paix pourrait-elle être possible ? La réponse est entre vos mains.
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The Sailor Who Fell from Grace with the Sea_ ft. Tsu

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Mer 27 Déc - 22:07
The Sailor Who Fell from Grace with the Sea


Une silhouette danse à la surface de l’eau, traversant celles des bateaux amarrés et des longs cordages qui s’emmêlent autour des bollards rouillés. Une silhouette au dessin étonnant, une femme surmontée d’une ombrelle ; parfois colorée, aujourd’hui noire cerclée d’une calligraphie blanche. En japonais, on peut lire « Le matin, bois la rosée du magnolia. Le soir, mange les pétales tombés du chrysanthème. » Il est plus facile de lire la poésie une fois agonisant ; quand on est presque mort, on comprend mieux, car c’est la dernière chose que l'on puisse faire avant de fermer les yeux. Définitivement.
________________________________


Je m’arrête. Abritée du clair de lune, on ne voit pas mon visage. Le haori noir que je porte détachée flotte au vent, je sors de la manche gauche une feuille froissée. Le portrait d’une jeune femme que je connais, son prénom, que je connais aussi. Je sais ce que vous pensez, laissez moi juste vous dire qu’elle est chanceuse de mourir devant un visage familier … sa mort lui paraîtra sans doute moins insignifiante, tout autant imminente.

Il y a longtemps, il était encore là, je l'ai connu. Le parrain l'a laissé gambader, lui laissant penser que son châtiment était oublié ; une chance de revenir. Une chance. Ne jugez pas trop vite.

Je suis calme, je sais qu’elle va arriver. Je vais simplement me percher au sommet d’un petit bateau à terre pour réparation. J’agite mes pieds dans le vide, fixant le bout de mes baskets compensées. Je ne porte aucune arme, seulement un Wakizashi à la ceinture. Je suis venue plus tôt, j’aime respirer l’air iodée, j’aime être seule la nuit près de l’eau. Je me balance en arrière, répand ma chevelure rosée sur la coque abîmée. Quelques minutes ; j’admire les étoiles qui déjà mortes continuent encore de briller pour nous. Comme moi.

Du bout de mes doigts, l'étincelle, l'excitation qui me fait frémir. C'est mon héritage, ma malédiction. Je retiens ses pulsions qui fusent dans mon coeur, l'envie, tout au fond, d'humer l'odeur du sang.


ft. Tsuraya Namboku

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Mar 2 Jan - 17:57
Promenade nocturne

Le vent soufflait sur Yokohama aujourd’hui. Il ne faisait pas chaud, mais il n’y avait pas de quoi se plaindre non plus. Elle était sortie sans rien, seulement son portable au cas où, et elle n’avait prévenu personne non plus, car pour quoi faire ?

Il y a de cela une demi-heure, elle avait ressenti quelque chose qu’elle avait oublié, qu’elle pensait effacées avec le temps et l’entraînement : Les pulsions meurtrières. Comme cela était arrivé ? Elle rentrait de l’Agence, et quelqu’un commença à l’embêter, insistant, et elle perdu vite patience malgré elle. Son pouvoir s’étant déclenché seul, envoyant promener ce lourdaud bien plus vite et plus violemment qu’elle le pensait. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas tué quelqu’un.

Elle avait donc décidé de s’enfuir après avoir angoissé. Ce qui l’avait angoissé, ce n’était pas le fait qu’elle avait tué quelqu’un non, c’est que justement, cela lui avait paru naturel pendant quelques secondes. Pourquoi il a fallu que son talent se déclenche tout seul ? Sûrement à cause du stress, de l’angoisse. Ce qu’elle devait faire pour calmer son « démon » c’était de se consacrer des moments de détente, penser à autre chose. Et c’est ce qu’elle fit, elle se retrouvait maintenant à marcher le long du port, observant le clair de lune qui se reflétait dans l’eau, les peu de bateaux qui passaient créant des ondulations sur le reflet de lampadaire naturel.

Elle était dans ses pensées, mais, relevant la tête du point fixé, elle aperçu une silhouette familière. Ce haori noir, ces longs cheveux, cette posture… Elle la reconnaîtrait entre mille. Mishima Yukio. A l’époque, elle leur parlait, rapidement, quand ils se croisaient dans les couloirs ou lorsqu’ils étaient là, avec eux, tout simplement. « Leur », car ils étaient deux. Elle avait un jumeau non ? M’enfin, ce n’était pas la question, elle se rendit rapidement compte qu’elle était sur le territoire de la mafia, elle n’y avait pas fait attention, ce qui la ramena à la réalité.

Elle observa longuement son ancienne collègue. Elle l’avait toujours trouvée élégante et jolie, et même si beaucoup l’évitait à la Mafia, Tsuraya n’avait jamais pensé que ce pouvoir effrayant pouvait faire de la jeune femme une mauvaise personne. Et c’est pour cela qu’elle lui adressait la parole. Cependant cette fois-ci, elle ne savait pas si elle devait l’ignorer, car elle était maintenant une ennemie, ou si elle devait lui adresser la parole, comme autrefois.

Ce qu’elle fit, c’est qu’elle passa simplement à côté de l’endroit où était Mishima, la saluant très brièvement d’un signe de tête au passage avant de détourner le regard. Après tout, elle n’était pas vraiment dans l’optique de parler, elle n’en avait pas envie, et encore moins avec un membre de la mafia, une cadre qui plus est.
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Sam 6 Jan - 15:43





Quand j’entend le bruit de ses pas ; je suis satisfaite parce qu’elle est là, déçue parce qu’elle est là. Je n’ai jamais pensé en terme de bien ou de mal. Je pense en terme d’émotion, de passion. Je préfère crever plutôt que de vivre dans une existence fade, je préfère crever plutôt que de la laisser partir. Si elle n’était pas venue, si elle était restée sagement avec les siens ; si elle n’était pas partie non plus.

Elle me dévisage et je balance mes pieds dans le vide, longtemps, mon regard bleu glisse lascivement sur sa silhouette alors qu’elle commence à s’éloigner de moi. Un signe de tête, ses yeux qui me fuient ; non. Mes phalanges se tendent alors que je serre mon poing. Autrefois j’arrivais à maîtriser ma colère. Mais elle s’est mu en rage, la seule encre qui reste dans ma plume. Elle monte, comme à chaque fois, je m’y noie avec grâce. Non. Tu oses me dépasser comme si de rien n’était, comme si tu pouvais esquiver ton destin. Non, non. Tu crois que tu peux t’enfuir comme la dernière fois. Non, non, non.

Quittant mon perchoir, je saute souplement de la pointe du bateau, retombant avec légèreté sur le sol. L’ombrelle au dessus de ma tête commence à tourner au creux de ma paume ; pour certain leur dernier souvenir. J’essaie de garder à l’esprit les paroles de Mori. Ne la tuer qu’en dernier recours. C’est moi qui lui ai suggéré ce plan, ramener Tsuraya pour au mieux ferrer son précieux ex-cadre ; au pire lui soutirer des informations utiles. Mais ce n’est plus moi qui me charge de l’interrogatoire, je n’ai jamais été douée pour poser des questions et attendre leurs réponses. Maintenant je suis à ma place, à la tête des membres les plus sanguinaires de la mafia : ceux à qui l’on demande justement de ne poser aucune question, ceux qui traquent et qui abattent leurs cibles comme des oiseaux de proie.

« C’est étonnant. » Dis-je d’une voix posée, camouflant entièrement mon impatience.

Je me rapproche d’elle rapidement, sans faire un autre bruit que celui de la semelle qui s’accroche au bitume. Je termine ma phrase alors que je suis à sa gauche, près d’elle.

« Je pensais que Dazai t’avais enseigné qu’il ne fallait jamais tourner le dos … à un ennemi. »

Le couperet tombe, tranche tout sur son passage, voilà qui est dit, je préfère quand les choses sont claires. Je crois que je ne considère personne comme un véritable ami, je préfère quand les liens entre les âmes sont un peu plus inoubliables. Je pense qu’elle a déjà compris que la fuite n’est pas une option. Avec espièglerie, je fais un petit tour sur ma même et me poste juste en face d’elle. J’arbore un petit sourire angoissant, un sourire que l’on retrouve sur le visage des gens auxquels on ne peut pas faire confiance.
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Sam 6 Jan - 16:22
Je crois que je n'ai pas le choix

« Je le savais » pensa-t-elle alors qu’elle entendait les pas de Mishima se rapprocher de plus en plus d’elle, jusqu’à ce que les sons de ses pas soient en harmonie avec les siens. Tournant enfin son regard vers celui de son ancienne collègue, elle plissa les yeux, leurs yeux azurs se croisèrent, mais ce qu’ils signifiaient n’avait rien d’amical, au contraire. Ceux de Tsuraya exprimaient de l’exasperation, elle n’avait aucunement envie de se battre. Quant à ceux de Mishima, leurs expressions étaient bien claires : Elle voulait sa peau.

Et c’est à ce moment qu’elle comprit qu’elle c’était embourbée seule dans un combat non si loin contre la jeune femme. Le son des pas s’arrêtèrent, alors que la silhouette au haori noir se posta juste devant elle, un sourire angoissant, ses lèvres et son timbre de voix lui rappelant qu’elle était une ennemie, et qu’elle n’aurait aucune échappatoire. Seulement, la phrase de Mishima fit enfin réagir Tsuraya, mais peut-être pas de la manière dont son adversaire l’aurait espéré. Elle semblait maintenant en colère, même si ses yeux avaient encore une lueur, elle semblait maintenant faible. La jeune femme savait très bien que la jeune femme aux cheveux roses n’était presque pas seulement là pour tuer.

- Qu’est-ce que tu me veux, Mishima ?

Les paroles de la jeune femme aux cheveux châtains avaient maintenant percé le silence dans lequel elle s’était réfugiée. Elle était maintenant sur ses gardes, plissant les yeux, et seulement cela pouvait le montrer.
Ah oui, Yukio Mishima, Dazai lui en avait un peu parlé. Elle avait à l’époque du mal avec son pouvoir aussi non ? Quelque chose lui traversa maintenant l’esprit, quelque chose qu’elle pensait pourtant impossible à interpréter. Et si elle était restée à la Mafia, serait-elle devenue une assassine comme son adversaire se tenant debout devant elle ? C’est alors que comme pour chasser ses pensées, elle parla de nouveau.

- Dazai m’a appris des choses certes, mais peut-être qu’avec le temps, je me suis fixé mes propres règles. Si tu veux savoir, je préfère te passer à côté plutôt que de te jeter dans la rivière, cependant …

C’était certain, son pouvoir avait vraiment envie de se défouler, et c’est pour cela qu’elle resserra les poings, pour essayer de se contrôler, de se détendre. C’était pour cela qu’elle regardait maintenant Mishima fixement, comme si elle gênait le passage sur le coup.

- Cela va dépendre de tes intentions.
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Sam 6 Jan - 19:41





Son jolie visage se déforme, si vite happé par la colère ; un beau gâchis. Le mien reste placide, l’eau dormante qui cache le monstre s’éveillant d’un oeil. Je ne suis pas vexée qu’elle ne me considère pas comme une menace. Je n’ai plus rien à prouver, surtout pas à Tsuraya. Je ricane cependant, lorsqu’elle m’explique qu’elle se fixe de nouvelles règles ; plutôt facile quand on a bafoué les anciennes. Mais je ne lui en veux pas personnellement. Peut-être qu’au fond je souhaite sincèrement qu’elle revienne parmi nous.

J’ai envie de la mettre sur ses gardes, de lui demander de ne pas réveiller la partie sombre de mon être. Elle m’a connu, oui, avant l’accident, avant le basculement. Elle m’a connu, une personne timide, peureuse au début, une personne qui maintenant n’existe plus vraiment. Une personne qui s’est mélangée au rouge et au désespoir, à la rage et au noir.

« Ne t’énerves pas comme ça Tsuraya. Sinon tu vas m’énerver moi aussi. »

Inconsciemment, mon étreinte, elle aussi, se resserre autour du manche de l’ombrelle. Pas une once de peur ou d’intimidation dans mon regard, ni dans le sien, seul le bleu bagarreur qui s’emmêle et s’entrechoque. Le vent qui bouscule nos cheveux, elle le sait déjà, je n’ai pas l’intention de m’écarter.

« Moi ? Je ne veux rien. Mais la mafia souhaite ton retour. Tu es assez intelligente pour que je n’ai pas à t’expliquer pourquoi … j’espère. » Et je m’empêche de rajouter « Et assez pour accepter, je l’espère aussi. »

Je lutte silencieusement contre l’envie de la provoquer, de la pousser à me faire mal. C’est ce que mon frère faisait, il attisait les plus mauvais sentiments de ses adversaires, embrassait la douleur qu’ils pouvaient lui infliger pour leur rendre au centuple. Moi aussi, j’ai appris à aimer la souffrance car je sais qu’elle est inévitable. Quand j’aspire la vie des gens, vous ne savez pas ce que je ressens … toute la désolation, les regrets, l’amertume de voir leur vie s’éteindre. Car pas un seul n’a su accepter la fin ; la délivrance, le point final. Ils pensent tous que c’est injuste, que je suis un monstre, qu’avec un peu de chance j’irais brûler en enfer. Mauvaise nouvelle ; je crois que j’y suis déjà.

Mon sourire a disparu, s’effaçant lentement à mesure que la lumière lunaire part se cacher derrière un nuage, nous plongeant dans une demie-obscurité. Je suis prête à réagir. Je ne veux pas d’une longue tirade, pourvue qu’elle m’épargne. Je ne me fais pas non plus d’illusion sur sa réaction, je ne m’attend en rien en particulier, j’ai la seule certitude que la nuit sera longue.
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Sam 13 Jan - 21:07
Au clair de lune

La jeune femme ne fit pas attention à sa remarque sur le fait de s’énerver toutes les deux, elle était en colère oui, mais aussi frustrée, car elle n’était pas déjà de très bonne humeur, mais si en plus quelqu’un de la mafia se mettait en travers de son chemin, elle espérait que son pouvoir ne se déclenchera pas tout seul.

C’est alors qu’elle entendu la requête, elle cligna plusieurs fois des yeux alors qu’elle avait son regard plongé dans celui de son ancienne collègue, elle avait aussi remarqué que celle-ci avait resserré le manche de son ombrelle, mais ce n’était pas si important que cela pour l’instant. Revenir à la mafia ? Tsuraya regardait toujours aussi fixement Mishima, et… elle ne put s’empêcher de rire. Ce rire était à la fois nerveux et surtout sarcastique, elle posa une de ses mains sur l’une de ses propres hanches.

- Haha ! Revenir à la mafia ? Et pourquoi pas devenir cadre tant qu’on y est ?

Soudain son rire s’éteigna, tout comme son sourire ou encore la lueur de ses yeux qui s’affaiblissait, la lueur de la lune qui disparaissait n’aidant pas. Elle semblait maintenant tout à fait sérieuse, laissant lentement tomber la main qui tenait sa hanche le long du corps.

- Mishima... Non, Yukio. Est-ce que la mafia pensait que j’allais gentiment accepter et que l’on allait prendre le thé ensemble après cette discussion ? Si c’est le cas, c’est qu’ils ne me connaissent bien moins que je ne le pensais. Je n’ai plus rien à faire avec vous, je ne vous dois rien, ou du moins pas à toi, plus rien ne me retient, et je ne me rappelle pas avoir été l’esclave de la Mafia Portuaire. Chaque être humain est libre, non ?

Encore un coup de vent qui balaya les cheveux des deux jeunes femmes qui se regardaient toujours dans les yeux, comme deux adversaires prêts à se sauter dessus à n’importe quel moment. Peut-être que c’était le cas, même si le regard de Tsuraya n’exprimait pas grand-chose à ce moment-là, et ce même regard, au fond, cherchait peut-être la compréhension de son ancienne collègue.

On pouvait sentir comme une légère odeur marine, due aux ondulations de l’eau du port, le seul bruit maintenant, lorsque la jeune femme avait fini sa phrase, c’était le bruit des bateaux se heurtant parfois aux rebords du quai. Le vent se faisait de plus en plus frais au fur et à mesure que le temps passait, au fur et à mesure que leur conversation, leurs mots et leurs regards s’entremêlaient. Ce froid représentait sans doute leur passé, leur relation actuelle et peut-être même la bataille qu’elles allaient livrer quand l’une d’elles aura perdu patience.

Non, Tsuraya se devait de rester calme, on lui avait appris, et ça, c’est l’une des anciennes règles qu’elle avait gardé. Toujours garder son calme face à l’ennemi, quel qu’il soit, quoi qu’il fasse. Pour le bien être de la discussion, de leurs pouvoirs mais aussi et surtout de leur santé physique, car la jeune femme le sait, elle n’en ressortira pas indemne, et peut-être même que Mishima se disait la même chose aussi ? Avait-elle préparé cette éventualité ?
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Mer 28 Fév - 14:51






L’être humain, libre ? J’esquisse un sourire. C’est un rêve auquel je n’ai jamais cru. Les ambitieux poussent les barreaux pour agrandir au maximum la cage, les autres s’en contentent, s’y confortent. À tel point que si un fou passe par là et brise les verrous, personne ne sortira. Trop incertain, trop peureux, trop humain pour prendre le risque. Le risque de perdre ce qu’ils ont déjà. Ce pour quoi ils ont le sentiment de s’être battu, ce qu’il pense mériter. Tsuraya croit qu’elle s’est libérée. Elle est simplement passée d’une cage à une autre. Et elle a l’air de la préférée. Je suis un peu blessée. Nous aurions pu être amie.

J’ai un peu grimacé quand elle m’a appelé Yukio. Personne ne m’appelle comme ça, sauf lui. Et si elle l’avait fait exprès ? Je vois le mal partout, car il est partout. Et si j’étais jalouse ? Parce que moi je reste dans ma cage, consciemment, sciemment. J’y reste et je veille sur lui en espérant qu’il se réveille. L’espoir ne me va pas. J’ai toujours eu ce problème, je n’arrive pas à vraiment faire la différence entre le bien et le mal. Est-ce moi le mal ? Est-ce elle ? C’est elle qui est partie.

Et c’est moi qui lui en veut. Je rêve d’elle et je me réveille. Je la cherche et je la trouve. Et elle ne parle que de mafia, d’être libre … mais la mafia se fiche des pions. Elle les sacrifie comme bon lui semble, moi je suis un pion un peu plus important que les autres qui tente d’en reprendre. Elle ne comprend pas qu’elle est ma lubie. J’ai rêvé d’elle et je me suis réveillée. Et j’ai eu envie de la reprendre comme le pion qu’elle est, pour tenter le coup double. Tsuraya et Dazai.

Je suis instable. Plus le temps passe, plus j’oscille, plus je m’enfonce dans un délire. Un délire étrange où je cède à mes pulsions sans me poser de question. J’ai toujours l’air calme.

« Je vais te dire la vérité. J’ai rêvé de toi et je me suis réveillée. Tu n’es plus rien aux yeux de la mafia. Je ne sais pas si tu es quelque chose à mes yeux. J’aimerais vérifier. »

Je pointe l’ombrelle dans sa direction. Qu’est-ce que je veux ? Son cadavre ou son amitié ? Sa reconnaissance ou son sang sur mes mains ? Les deux ? Et si je pouvais avoir les deux … Je voudrais la toucher, lui voler sa vie et l’espoir qui fait battre son coeur si ardemment. Mais arrêtez de penser que je ne suis qu’un être vil qui ne cherche qu’à faire du mal. Je voudrais comprendre. Vous comprenez les gens, vous ? Moi je peux, je peux en les touchant, en les tuant, je peux comprendre ce qui les anime. Si vous le pouviez aussi, vous le feriez sans hésiter.

Je me sens irrésistiblement attirée. Liée en quelque sorte. Alors qu’on ne s’est jamais vraiment parlé. C’est le destin, mon destin que j’écris, que je rédige capricieusement. J’aimerais être un peu plus qu’une simple ennemie, je déteste quand il n’y a pas de passion.
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Jeu 1 Mar - 19:42
L'appel du sang.Tsuraya ne répondu pas tout de suite à Mishima, car elle-même réfléchissait à ce que son ancienne collègue disait ou pouvait bien penser. Elle regardait toujours la personne qui lui faisait face dans les yeux, ne détournant pas une seule fois le regard, ce serait bien trop dangereux et puis ce n’était pas son genre. Les rayons de la lune faisaient briller les yeux de son adversaire qui semblait pourtant perdue dans ce que l’on pourrait appeler du délire.

Puis elle leva son ombrelle en sa direction, tiens tiens. Elle ne comptait apparemment pas la laisser partir si facilement, dommage. Elle n’avait vraiment pas envie de se battre, mais elle n’avait plus vraiment le choix maintenant, même si elle n’avait pas envie non plus d’entamer le combat. Est-ce que ce serait judicieux de la tuer ? Non. Sûrement pas. Mais … Non. Elle avait pensé au fait qu’elle aurait pu l’emmener à l’Agence pour lui tirer des informations, mais c’est une très mauvaise idée, tout cela à cause du pouvoir de celle-ci. Si elle se mettait en colère, bien plus d’une personne en feraient les frais.

Elle venait de penser à l’autre possibilité, enfin à plusieurs. Et si Mishima ne comptait pas la tuer mais l’emmener dans les cachots ou quelque chose du genre ? Elle n’aimerait vraiment pas, mais il faut envisager le fait qu’elle perde le combat, ce n’était pas superman non plus. Ni elle, ni Mishima. Peut-être un double k.o ? Dans tous les cas, Tsuraya devait éviter tout contact physique avec cette dernière, c’est tout ce qu’elle savait pour le moment.

Après un petit moment d’hésitation et en entendant les paroles de Mishima qui lui disait qu’elle n’était plus rien pour la Mafia .. Elle haussa un sourcil. Elle le savait très bien ça, pas besoin de lui rappeler. Mais al deuxième chose .. Laissa de marbre l’ancienne mafieuse qui soupira presque. Elle avait vraiment besoin de la combattre pour se demander ce qu’elle valait à ses yeux ? Peut-être aussi qu’elle parlait de la valeur dans le combat, ça avait déjà plus de sens que de se poser la question sur une quelconque amitié, car elles ne s’étaient jamais vraiment parlé.

Un autre coup de vent, qui se faisait bien plus froid et violent faisait virevolter les cheveux des deux femmes, Tsuraya passant une de ses mains dans ses cheveux pour passer une de ses mèches derrière ses oreilles. Elle n’avait clairement plus le choix, elle allait devoir se battre. Et la jeune femme sur le moment se fichait bien de si elle était quelque chose ou non aux yeux de Mishima.

- Dans ce cas je suppose que tu ne vas pas me laisser repartir tranquillement.
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